(A. P. Hawzah) rapporte que dans une invocation empreinte de spiritualité, l’Imam Zayn al-Abidîn, l'Imam Sadjad (que la paix soit sur lui) adresse au Très-Haut cette supplication :
وَ اجْعَلْ تَقْوَاکَ مِنَ الدُّنْیَا زَادِی وَ إِلَی رَحْمَتِکَ رِحْلَتِی وَ فِی مَرْضَاتِکَ مَدْخَلِی.
Ô Dieu, fais que la piété envers Toi soit mon viatique en ce monde, que mon voyage me conduise vers Ta miséricorde et que ma demeure soit dans ce qui Te satisfait. As-Sahifah al-Sadjadiyah, invocation n° 21.
Commentaire
Cette parole lumineuse nous offre une représentation du cheminement spirituel de l’être humain : un voyage dont le point de départ est la taqwā (la piété), dont le chemin est celui de la miséricorde et dont l’aboutissement est l’agrément divin.
Ce chemin commence avec le meilleur des viatiques : la piété. Celle-ci est une lumière intérieure qui, lorsqu’elle vient orner l’être humain, le préserve des égarements de ce monde et le prépare à accueillir et à recevoir l’immense miséricorde divine.
Le Noble Coran affirme à ce propos :
وَتَزَوَّدُوا فَإِنَّ خَیْرَ الزَّادِ التَّقْوَی.
Et prenez vos provisions ; car la meilleure provision est la piété. (sourate Al-Baqara 2:197)
Il convient de souligner que la piété n’est pas une enceinte qui enferme l’être humain ou limite sa liberté. Elle constitue plutôt une discipline intérieure fondée sur la conscience et la capacité de choisir. La personne pieuse n’agit pas sous l’effet de la peur ; elle prend ses décisions en s’appuyant sur sa connaissance du bien et du mal.
En réalité, la piété ouvre à l’être humain la voie de la véritable liberté, car elle le délivre de l’asservissement à ses désirs et de la dépendance à l’égard des pressions extérieures.
Le Noble Coran évoque cette vérité en ces termes :
یَا أَیُّهَا الَّذِینَ آمَنُوا إِنْ تَتَّقُوا اللَّهَ یَجْعَلْ لَکُمْ فُرْقَانًا.
Ô vous qui croyez ! Si vous craignez Allah, Il vous accordera la faculté de discerner (entre le bien et le mal). (Al-Anfâl, 8:29)
Dans un autre verset, Il dit :
وَمَنْ یَتَّقِ اللَّهَ یَجْعَلْ لَهُ مِنْ أَمْرِهِ یُسْرًا.
Quiconque craint Allah cependant, Il lui facilite les choses. (Al-Talaq, 65:4)
Ainsi, pour parcourir le chemin qui mène à la miséricorde divine et parvenir finalement au terme de ce voyage spirituel — l’agrément de Dieu —, l’être humain doit se parer de piété et en faire son viatique tout au long de son existence.




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